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La société > La filière artisanale textile
Le Bogolan, un savoir faire ancestral pour des créations contemporaines
Le Bogolan est la teinture traditionnelle au Mali réalisée entièrement à l'aide de produits naturels (terres et plantes), les dessins du Bogolan sont produits soit à main levée soit au travers de pochoirs. Les "Bogolanistes" du Mali sont connus dans le monde entier pour leur originalité et leur savoir-faire.
Littéralement, Bogolan signifie, en bambara, "fait avec de la terre" : Bogo signifiant "boue, argile", et Lan signifie "fait de". Le bogolan est une teinture naturelle obtenue par le traitement des écorces d’arbre, par des décoctions de feuilles, de racines ou l’utilisation des terres argileuses pour obtenir.
L'origine du bogolan est inconnue, mais la légende Mandingue raconte que c'est une femme de chasseur qui a découvert cette technique, en constatant les tâches indélébiles laissées par une décoction de plantes médicinales ayant séché à même la terre. En utilisant ce principe et en modifiant les colorants, motifs, les Mandingues les ont alors remplis de significations très codifiées. Les thèmes sont empruntés à des proverbes, des faits historiques, à une symbolique sur l'homme et à sa place dans la société.
Il existe deux types de teinture, selon qu'elle fasse intervenir l'argile ou pas.
Le Bassilan, la teinture 100% végétale
Le Bassilan, de Bassi : soigner, médicaments et Lan : fait avec, est un remède de la médecine traditionnelle obtenu à partir de décoctions de plantes. Le Bassilan est donc une teinture obtenue sans utilisation d'argile, à partir du N'Galama dont la décoction des feuilles donne la couleur ocre jaune ou du N'Pecou ou raisin sauvage dont la décoction d'écorces donne la couleur ocre rouge.
Le Bogolan, la teinture 100% naturelle
Le bogolan utilise l'argile qui permet d'obtenir la couleur noire. Les tissus teints sont peints à l'aide de l'argile noire naturelle venant du lit du fleuve ou des marigots. Cette argile est conservée dans des jarres pendant 1 mois ou 2 avec de l'eau, plus la conservation est longue, meilleur sera le résultat. Cette terre contient du sulfate de fer, qui en contact avec le tanin du N'galama ou du N'Pecou crée une réaction chimique, une oxydation qui donne la couleur noire.
Décoction de N'Pecou ou Raisin sauvage
Un art qui compte sur le temps
A ces deux décoctions, on ajoute de la potasse traditionnelle qui agit en tant que fixatif. Cette potasse est extraite des cendres de feuilles tamisées, mélangées à de l'eau dont on récupère le jus. Le résidu obtenu après évaporation de ce jus est la potasse.
Le tissu est trempé dans la décoction choisie, puis séché au soleil, autant de fois que nécessaire pour obtenir la teinte souhaitée. Le tissu est enfin prêt à recevoir la décoration appliquée avec l'argile noire, séché au soleil, puis lavé. Pour que les couleurs soient bien profondes, on recommence les 3 bains de décoction, puis on appose une deuxième couche de terre, séchée et de nouveau lavée 3 fois.
Dessin d'un motif Bogolan à main levée
Tout l'art des bogolanistes réside dans le choix du nombre de bains, de couches et les matières utilisées pour obtenir des motifs aux nuances les plus riches.